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"L’Industrie du Futur, ce n’est pas seulement la digitalisation. Il faut définir un projet à fort engagement sociétal", Alexandre Lacour, executive director de Someflu
publié le 18/04/2019

 

"Someflu est une PME industrielle familiale française créée en 1962, qui entre dans sa 3ème génération. Elle conçoit et fabrique des pompes centrifuges. Ce sont des machines tournantes qui ont pour principale mission de transférer un fluide d’un point A vers un point B. Ce sont des machines utilisées dans de nombreux secteurs industriels. Leur particularité, c’est d’être fabriquées en matériau plastique. On utilise le plastique pour le transport de fluides corrosifs dans de nombreux domaines industriels.

L’entreprise est née avec un ADN innovation. Elle a grandi en créant des moutons à 5 pattes. Au fil de l’eau, on est tombé dans une industrie qui s’est standardisée et l’entreprise a dû repenser son modèle économique, sa stratégie, pour garder en France une création de valeur ajoutée suffisamment importante pour que les produits soient exportés. Nous avons alors commencé à travailler sur des machines spéciales, des machines plus complexes, plus techniques pour pouvoir répondre à des besoins bien particuliers de nos clients. C’est ce qui nous a amené au digital. Nous avons dû revoir nos phases de conception, d’industrialisation des machines, sur le produit même. On tend de plus en plus vers un modèle économique à l’usage. La fonction a plus d’importance que le produit en lui-même. Quand on a à transférer un fluide, ce qui coûte le plus cher à notre client c’est le coût énergétique, les temps d’arrêt, les casses, l’immobilisation de stocks. Nous travaillons actuellement sur un modèle économique nous permettant de proposer à nos clients un usage de la machine.

Ceci a impliqué l’émergence de nouveaux métiers en interne pour faire évoluer nos méthodes d’industrialisation et nos process. Par exemple, nous avons des projeteurs côté bureau d’études qui vont travailler avec les ingénieurs d’industrialisation. On a regroupé deux mondes en créant une équipe de CFAO (Conception et fabrication assistées par ordinateur). Nous avons fusionné des métiers.

On oublie souvent qu’un technicien d’usinage c’est aussi une personne qui programme et pilote une machine de commandes numériques. Elles coûtent souvent quelques milliers voire millions d’euros. Quand on met de jeunes générations sur ces machines, elles ont une grande importance. Ce sont elles qui conçoivent les produits et les pièces. A l’échelle du numérique, ce sont des programmeurs.

Pour nous l’Industrie du Futur, ce n’est pas que la digitalisation, la robotisation, l’automatisation. Ça, ce sont des moyens. Derrière, il y a un projet avec un fort engagement sociétal. L’usine peut être repensée selon le contexte dans lequel elle se trouve. On parle aujourd’hui d’écoconception quand on conçoit le produit. On va travailler beaucoup sur l’économie circulaire. Potentiellement, le plastique de demain devra être biosourcé. Il y a un ensemble de possibilités qui, dans ce concept d’Industrie du Futur, amène à plein de moyens. L’usine de demain devra être capable de répondre à tous ces enjeux."

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Ce plateau TV a été filmé à l’occasion de L’Usine Extraordinaire avec le soutien de la FIM et de Profluid.