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"Comment les PME françaises entrent dans l'industrie du futur grâce à la robotique" : retour sur une manifestation qui a suscité beaucoup d’enthousiasme
publié le 04/12/2017

La conférence organisée par la FIM, le Symop et le Cetim à la Maison de la Mécanique jeudi 30 novembre a réuni près d’une centaine de personnes auxquelles se sont ajoutées 157 vues via le Facebook Live mis en place.

Bruno Grandjean, Président de la FIM, a noté en introduction l’importance croissante de la robotique dans la mutation industrielle en cours. La parole a été donnée à 4 chefs d’entreprise qui ont expérimenté le programme ROBOT Start PME et deux experts qui les ont accompagnés dans leur cheminement.*

Landry Maillet (Directeur ABCM), Sylvie Casenave-Péré (Présidente Posson Packaging), Elisabeth Klein (Directrice administrative et financière-responsable qualité CFT Industrie), Jacques Leblais (Président Aluminium Ferri), Thierry Rollet (expert coach de ROBOT Start PME) et Philippe Levesque (expert) ont ainsi à tour de rôle pris la parole.

Parmi les impacts notables de la robotisation, ont été cités pêle-mêle : le changement d’image des métiers industriels aux yeux des jeunes, l’amélioration des conditions de travail, le management et la dimension humaine de la modernisation.

"Nous voulons préparer l’arrivée des jeunes dans l’entreprise. L’ambition, c’est de moderniser l’outil, en même temps que le cadre de travail. Le robot est l’un des moyens", explique Landry Maillet, Directeur de la société vendéenne ABCM, très sensible à l’opportunité d’attirer à nouveau les jeunes vers l’industrie. ABCM a été aidée dans son changement par un expert, Philippe Levesque, qui dit avoir "requalifié le besoin de l’entreprise" et qui insiste sur "la question de confiance entre l’entreprise et lui".

Aluminium Ferri, l’entreprise que préside Jacques Leblais, également confrontée à une croissance de ses activités de 25% par an depuis 2010, a choisi de robotiser le polissage des pièces métalliques qu’elle produit. "Le personnel a compris que la modernisation apportait du chiffre d’affaires, mais quand le robot est arrivé, rien ne marchait. J’ai pris la décision de faire monter l’installation avant qu’elle soit réceptionnée, en faisant intervenir un employé fan de jeux vidéo pour régler la machine de polissage", témoigne M. Leblais.

Chez Posson Packaging, entreprise produisant des emballages en carton imprimés à Sablé-sur-Sarthe et employant 125 personnes, c’est la palettisation qui a été robotisée : "je considère la productivité comme découlant des conditions de travail", explique sa Présidente Sylvie Casenave-Péré. L’objectif est d’améliorer ses opérations mécaniques après avoir digitalisé le traitement de ses données courantes d’exploitation. Posson Packaging a depuis embauché un jeune roboticien chargé d’explorer de nouvelles pistes d’automatisation après l’arrivée du premier robot ; là aussi, l’expert a joué un rôle clé pour aider l’entreprise à cadrer son projet.

Chez CFT Industrie, PME d’une quinzaine de personnes basée dans l’Eure, le choix du premier robot soudeur et d’un système de gestion numérisé - de la production du devis jusqu’à la livraison des commandes - a "obligé les cadres à remettre en cause la façon de manager l’entreprise" et permis aux salariés de "partager un travail collaboratif", témoigne la Directrice administrative et financière en charge de la qualité, Elisabeth Klein.

Les robots sont vite acceptés par les salariés qui accèdent à des formations nouvelles et voient leurs rôles valorisés : "La 3ème dimension est humaine et managériale, faute de quoi elle serait vouée à l’échec alors qu’elle est prioritaire", commente Thierry Rollet, expert en robotique industrielle accompagnant les entreprises. "Derrière un robot, il y a d’abord une aventure humaine d’entreprise", renchérit Philippe Levesque.

Le chef du projet, Pierre-Marie Gaillot (Cetim), a ensuite présenté une enquête sur le programme ROBOT Start PME afin d’analyser les principaux bénéfices observés suite à l’acquisition d’un premier robot par les PME industrielles participantes. Pour lui, il existe 6 piliers de la réussite :

  • Mise en place d’une base d’experts qualifiés et coachés par un expert référent
  • Conception d’une méthodologie éprouvée d’intégration d’une brique technologique
  • Mise en place d’une base d’intégrateurs robotiques
  • Une ingénierie financière incitative à la décision
  • Un consortium cohérent et coordonné
  • La mise en place de la "simplexité".

 

Les principaux enseignements de cette enquête :

Un impact majeur sur le développement : +18% de croissance du CA
Premier impact constaté, la robotisation a permis d’augmenter la productivité de 86% des entreprises et la rentabilité de 68% d’entre-elles ; avec, comme bénéfice majeur, une croissance moyenne de 18% de leur chiffre d’affaires et de 55 % de leur résultat net en 2 ans. Quant à l’activité de l’entreprise à l’international, il ressort que pour 23% des PME répondantes, cela leur a permis de partir à la conquête de nouveaux marchés et que pour 10% des PME répondantes, celles-ci ont constaté une augmentation de leur compétitivité sur les marchés internationaux.

L’amélioration des conditions de travail
Concernant les conditions de travail, 90% des dirigeants interrogés estiment que l’intégration de ce premier robot au sein de leur entreprise a amélioré les conditions de travail de leurs employés, majoritairement par une baisse de la pénibilité physique et une montée en compétences grâce à la formation conduisant à des fonctions de supervision ou d’autocontrôle.

Bénéfice pour l’emploi : 65% des entreprises ont embauché
L’emploi n’est pas en reste, puisque 65% des entreprises interrogées ont embauché entre 1 et 5 salariés depuis l’intégration de leur nouvel équipement robotique. Les postes créés ont porté majoritairement sur la production et les méthodes. Par ailleurs, 84% des entreprises interrogées comptent embaucher entre 1 et 10 salariés suite à l’intégration de la cellule robotique.

Un renforcement du positionnement stratégique
Par ailleurs, les entreprises interrogées constatent un impact sur leur stratégie commerciale et sur l’innovation. Les éléments les plus fréquemment cités concernent la réévaluation des objectifs des commerciaux, la mise en place d’actions commerciales spécifiques, des investissements dans un nouveau procédé de production et des efforts de développement en R&D.

Enfin, l’installation de la cellule robotique a renforcé l’image de marque et la relation de confiance entre l’entreprise et ses clients.

Tous les résultats de l’enquête sont disponibles sur le site : www.robotstartpme.fr

Thierry Pech, Directeur de Terra Nova et Bruno Grandjean ont ensuite pris la parole pour échanger sur leur vision de l’industrie. Ils sont revenus sur les erreurs du passé : le culte du fabless, l’image dégradée de l’industrie liée à son histoire et au rapprochement fait entre la mécanisation et la crise de 1929. Aujourd’hui, Thierry Pech veut faire le pari que l’on n’a pas assez de robot. Pour lui, "les usines deviennent des laboratoires où s’inventent un nouveau management et une nouvelle organisation du travail". Bruno Grandjean ajoute : "l’homme et la machine sont réconciliés". Le président de la FIM insiste sur le fait que "la montée en gamme n’est pas que dans le produit mais aussi dans le process".

Pour conclure, Bruno Grandjean salue la BPI, facilitateur et la French Fab qui montre cette volonté de travailler ensemble.

Constant Bernard, Président du Symop et Philippe Choderlos de Laclos, Directeur général du Cetim, ont conclu la manifestation sur leur volonté commune de poursuivre le mouvement. Pour Philippe Choderlos de Laclos, "la robotique est en marche, il y a de nouveaux développements parmi lesquels la robotique collaborative (…). Le programme ROBOT Start PME est une preuve de concept à pousser dans les régions avec l’Alliance Industrie du Futur."
 

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Visionnez l’intégralité de la conférence :

 

Pour en savoir plus, vous trouverez ci-joint le dossier de presse.