La hausse significative du CA des industries mécaniques en 2017 devrait encore s’intensifier
publié le 23/04/2018

En 2017, les industries mécaniques françaises enregistrent un chiffre d’affaires de 127,8 milliards d’€, soit une augmentation de 3,3 % par rapport à l’année précédente. Une croissance en nette accélération au 4ème trimestre 2017, engendrée principalement par les exportations, qui devrait s’accentuer en 2018. 

Un marché intérieur toujours dynamique

La demande intérieure a crû de 3,8 % en 2017. Le dispositif de suramortissement mis en place en 2016 a continué à produire des effets positifs sur le marché intérieur même s’il a pris fin en avril 2017. Les principaux investissements portent sur le renouvellement de machines et sur des mises aux normes techniques de machines liées à la sécurité et à l’environnement. Le virage de l’Industrie du Futur est bien pris et les industries mécaniques se modernisent pour monter en gamme et gagner en compétitivité à l’export. A titre d’exemple, les ventes de robots industriels sur le marché intérieur ont augmenté de 29 % en 2017 par rapport à l’année précédente.

Des exportations en progression

La mécanique française conserve sa 6ème place sur le plan mondial en 2017 derrière la Chine, les États-Unis, le Japon, l’Allemagne et l’Italie. La nette reprise de la demande étrangère a permis aux industriels de la mécanique de réaliser un chiffre d’affaires à l’international de 49,8 mrds d’€ en 2017, soit une hausse de 3,2 % par rapport à l’année précédente. Le taux d’exportation atteint 39 % en 2017. Les ventes à destination des 27 pays membres de l’Union Européenne représentent plus de la moitié du total des exportations (56,2 %).

Les évolutions sectorielles

Les trois secteurs d’activité de la mécanique ont bénéficié de la reprise :

  • La transformation des métaux progresse de 2,6 % en 2017.
  • L’équipement mécanique a enregistré une hausse de 2,3 %, comparable à celle de 2016 (+ 2 %).
  • La production du secteur de la précision a bondi de 8,7 % par rapport à 2016.

Des recrutements indispensables pour répondre à la croissance

Les industries mécaniques, 1er employeur industriel de France (avec environ 20 % de l’emploi industriel), comptent 615 000 salariés en 2017, soit une très légère diminution (- 0,6 %) par rapport à l’année précédente.

Une tendance qui devrait s’inverser en 2018. Face à la hausse de la demande, l’appareil productif français présente des signes de tension. Un tiers des industriels estime qu’il ne pourrait plus répondre à un surcroît de demande sans recruter (+5 points sur un an, un niveau inédit depuis la crise). Pourtant, 42 % des chefs d’entreprise signalent rencontrer des problèmes pour embaucher du personnel qualifié (source Insee - octobre 2017), ce qui risquerait de pénaliser leur croissance.

Des perspective favorables, mais des réserves

L’accélération de la croissance ces derniers mois augure d’une poursuite de l’investissement en 2018. Estimée par l’Insee à + 4 %, elle devrait soutenir encore l’activité liée au marché intérieur et bénéficier de la bonne conjoncture des principaux secteurs clients comme l’automobile, l’aéronautique, la chimie. 

Une hausse qui sera également soutenue à l’export : selon les industriels, la demande étrangère s’améliore significativement au mois de janvier 2018, notamment pour les constructeurs de biens d’équipement. Une accélération qui s’explique par la croissance économique mondiale.

Néanmoins, les industriels ne pourront profiter pleinement de cette conjoncture favorable et rétablir leur compétitivité tant que la fiscalité de production restera aussi lourde. Pour Bruno Grandjean, président de la FIM, la France part d’un mauvais diagnostic : « une fiscalité favorable à l’innovation mais défavorable à la production. L’écosystème français n’est pas favorable au Made in France. La taxation punitive sur les usines y est unique en Europe. En témoignent notamment la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) et la CFE (cotisation foncière des entreprises) qui taxent l’entreprise avant même qu’elle fasse des bénéfices. Pire, elles pénalisent une entreprise qui investit. La FIM souhaite que ces deux taxes soient transformées en complément d’IS, comme en Allemagne. »

Par ailleurs, la hausse du coût des matières premières reste un sujet d’inquiétude notamment pour les fabricants de biens d’équipement (+ 12 % en moyenne pour les aciers sur l’année 2017 et + 16 % pour les non-ferreux).

Dans ce contexte économique, la Fédération estime à environ 3 % la hausse de l’activité des industries mécaniques en 2018.